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Direction Ranomafana!

Chapitre V

Après deux heures de route vers l’Est, jusqu’au Domaine Nature de Ranomafana, nous nous préparons à visiter le parc national.

Sad & Zoltán - Ranomafana

Sad & Zoltán – Ranomafana

Gery, notre guide, nous emmène dans cette immensité verte. Pour atteindre la forêt primaire, il faudrait bivouaquer pendant plus de 6 jours. Ce sera pour une autre fois. Les 42.000 hectares mélangeant rivière, forêts et animaux endogènes sont juste magnifiques mais le temps presse. Un seul jour à Ranomafana, c’est un peu trop court, à mon goût.

Ranomafana

Ranomafana

Ranomafana

Ranomafana

Ranomafana

Ranomafana

Le bungalow avec une sorte de lit baldaquin (un moustiquaire en fait) nous attend en plein milieu de la forêt secondaire, très humide. Le chant des criquets est extraordinaire cette nuit. On profite du beau temps pour découvrir le parc national de Ranomafana, dans les forêts humides de l’Atsinanana, classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité en 2007. Nous avons pu voir trois types de lémuriens différents, des pigeons bleus, des geckos et beaucoup d’autres animaux endémiques. Nous étions chanceux. La veille, il pleuvait des cordes. Aujourd’hui, le soleil nous accompagne pendant toute la remontée de la colline, soit 6 km à pied. J’avais pensé à le faire en taxi, mais pour 5.000 Aryari (1,65€), le gérant de l’hôtel tentait une arnaque en règle. C’était en effet le prix du voyage de ce matin entre Fiana et Ranomafana pour 60km de route.

Ranomafana

Ranomafana

La fin d’après-midi approche, le parc ferme vers 16h déjà. Après avoir profité de tous ces paysages fabuleux et de ces animaux hors du commun, notre guide nous proposa de descendre vers le village de Ranomafana avec ses collègues. Je n’ai pas hésité, même si on ne savait pas trop où nous serions installés dans ce pick up de 5 places assises en cabine, et autant qu’on veut à l’arrière…

Ranomafana

Ranomafana

Ranomafana
Ranomafana

Ranomafana

Ranomafana

Une expérience unique

Imaginez-vous une seconde: 5 filles (dont Sad) sur la banquette arrière, le chauffeur et sa collègue à l’avant. Puis, 6 guides et moi à l’air libre à l’arrière. On a descendu toute la colline à vive allure. J’étais le dos tourné à la route. Assis, je contemplais un par un le visage de mes voisins de route. A ma droite, le plus vieux, sage et relax. En face, un reggae man avec ses écouteurs. Il était dans son monde, content de finir sa journée de boulot. A côté de lui, mon guide, son assistant, et un autre jeune. Ils étaient fatigués, mais heureux. Peu de paroles. Le ciel bleu brillait dans leur regard. Le vent faisait vibrer les arbres qui défilaient à la vitesse du 4×4. Un sentiment de liberté totale. Abstraite, mais totale. L’espace d’une seconde, j’ai vraiment eu envie d’être à leur place, tous les jours… Le véhicule nous dépose à l’entrée du village, sur la route principale. On a faim, et il n’est que 16h30. Trop tôt pour s’offrir un grand repas, il fallait profiter des dernières heures de clarté pour découvrir les couleurs de cette fabuleuse région…

Ranomafana

Ranomafana

Le village

Les gens se débrouillent. Cet état de fait reviendra souvent dans mes notes, mais je n’y peux rien, c’est un mérite, pas une tare! Les Malgaches de la région vivent bien, même si le raccordement électrique reste un luxe, tout comme les vêtements. Nous avons quitté la grande rue (la Nationale qui relie Fiana à Mananjary). On nous a renseigné sur des bains accessibles près d’ici. On hésite. On n’ose pas vraiment. Aujourd’hui, j’en rigole en réécrivant ceci, mais il faut bien s’imaginer que cela ne faisait que 3 jours que nous étions sur l’île. L’adaptation se mettait en place. Encore un peu de temps avant de se mettre complètement à l’aise… On repart à la recherche de ces fameux thermes. Passé la rivière, on fera pourtant marche arrière… Sentiment bizarre. Le pont en métal totalement défoncé par les derniers vents violents ne nous rassurent pas. Il est impraticable et le petit passage de fortune en bois léger n’est pas très stable. On s’éloigne beaucoup trop du centre aussi. Bref, on y retourne plus vite que prévu, même si nous n’étions probablement pas loin des bains publics qu’on nous vantait tant.

RanomafanaDe retour sur le terrain de foot, sorte de gros champs de patates où un match se disputait entre jeunes, pendant que le fermier du coin promène ses zébus en plein milieu. Logique. On a faim, on cherche un resto. Un petit bar nous suffirait aussi. Mais où aller?! On retrouve par hasard notre guide dans le coin, qui nous indiqua une devanture (qui ressemblait à tout sauf à un restaurant). Un conseil précieux, alors que nous n’étions pas encore 100% à l’aise dans notre épopée fantastique… Le temps se gâte. Il faut rentrer, mais aucun taxi-brousse à l’horizon pour remonter vers notre hôtel. En route pour une dernière marche à pied où la drache malgache nous aura épargné. Un dernier verre dans le bar de l’hôtel, et une panne de courant qui nous a fait bien rire. On était détendu, même si une première nous attendait dans le bungalow: dormir sous ce moustiquaire géant, entouré d’une forêt secondaire qui finissait de récolter les perles humides de l’orage…

Ranomafana

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Fianarantsoa au matin

Chapitre IV

Fiana

Ce matin-là, au réveil, Fiana était tout autre. Lever au chant du coq et au son folklorique de la cloche de l’église, les chiens qui ont aboyé à la mort pendant toute la nuit, se reposent maintenant.

L’hôtel Tsara Guest House nous offre un magnifique cadre de vie. Bien loin de l’image sombre et pluvieuse de la veille, Fiana nous rend ses lettres de noblesses avec les couleurs pétillantes et écarlates qui tapissent les murs de la ville, dans un désordre lumineux, plein d’agréables sensations. Tana, c’était hier matin. C’est du passé.

Aujourd’hui, nous reprenons le taxi-brousse pour parcourir 120km jusque Ranomafana, et son immense parc national. Une place de luxe nous attendait dans le mini-bus, à côté du chauffeur. Cela a le double avantage d’être confortablement installé et de pouvoir prendre des photos mieux cadrées!

Gare des Taxis-brousses de Fianarantsoa

Gare des Taxis-brousses de Fianarantsoa

Il est 7h30, et le taxi-brousse nous attend. Pas que nous d’ailleurs. Les propriétaires du mini-bus attendent qu’il soit rempli pour démarrer. Un air de déjà vu… mais, croyez-moi, on commence à s’y faire. L’atmosphère est beaucoup plus détendue.

En une demi-heure de temps, j’ai pu discuter avec Olivier. Il se présente, très charmant, malgré son t-shirt sale et son parler français plutôt approximatif. Il est électricien, et il s’intéresse à notre parcours. Dans toute la gare des taxis-brousse, nous étions les seuls blancs. Une aubaine pour lui, pour imaginer comment cela se passe “chez nous”.

Très curieux, il pose beaucoup de questions qui peuvent sembler bizarres, voire inappropriées de la part d’un inconnu; “Qui es-tu? quel est ton prénom? Jusqu’où allez-vous?”. Nul doute qu’à Tana, j’aurais passé mon chemin, de peur de me faire détrousser. (Mais nous ne sommes plus à Tana!).

S’en est donc suivi une discussion très intéressante et honnête, sur la qualité de vie des habitants de Fiana, sur l’accès à l’enseignement, à l’université, extrêmement chère pour eux. Je me rends vite compte qu’Olivier était avide de savoir, et m’interrogeait sur de nombreux thèmes, dans le plus grand respect de l’autre. Du haut de ses 27 ans et de ses sandales déchirées, ce natif de la ville avait tout à m’apprendre. Une mini-leçon de vie en somme.

Entre les vendeurs de petits gâteaux (à base de manioc) et de lunettes de soleil, de CD, DVD, … il y a les enfants. La majorité des personnes présentes près des taxis-brousse n’est pas spécialement avenante, si on se limite aux vêtements qu’ils portent. Les enfants eux-mêmes font plus penser à des petits romanichelles comme on pourrait en croiser aux feux rouges de grandes villes européennes (avec tout le drame qui entoure cette situation).

Mais, la surprise est de taille lorsqu’ils te demandent d’où tu viens; “-de Belgique” lui dis-je. Le silence n’a pas le temps d’agir. Le petit commence à énumérer la capitale -Bruxelles- et les deux langues nationales (FR/NL), s’excusant même de ne pas parler le néerlandais!!

(Si j’avais su que j’allais être scotché de la sorte) Wouaw.

Quelques minutes plus tard, on découvre qu’il parle anglais, espagnol et … allemand! Ce gosse a 10 ans. 10 ans quoi. (re-wouaw). Sa copine du même âge (peut-être sa sœur?), possède autant de talents et de politesse.

Puis soudain…

On nous présente les cartes fabriquées en classe. Toujours avec le sourire, les deux enfants tentent de nous les vendre. Je lui explique que nous ne sommes pas la pour acheter cela. La petite fille insiste. Lui, il reste gentil et courtois. Mais la déception se lit sur leurs visages. Le petit garçon insiste aussi. Mais, très amèrement, il s’en va, et nous quitte en râlant une bonne fois.

Leur institutrice leur fait faire ses cartes postales en classe, pour qu’ils apprennent à les vendre, plutôt que d’aller voler en rue. Ils nous l’ont bien dit et répété…

Ma gêne faisait place à de l’étonnement. Au questionnement aussi. Les jeunes de la région sont riches en savoir, en culture. Cette connaissance des langues peut même devenir un formidable tremplin pour eux. Mais le pouvoir corrompu empêche cet épanouissement. Un drame en soi.

C’est en substance la conclusion de Fifi, notre chauffeur, la cinquantaine qui ne se dévoile pas derrière son visage enfantin. Un ami de classe de Clémentine, notre contact à Fiana. Tout le monde se connaît à Mada.

Direction le parc national de Ranomafana et ses fameux lémuriens!

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Un bol d’air frais (et de riz, svp)

Chapitre III

Le chauffeur du taxi-brousse avait démarré en retard, vers 9h15, et a foncé comme un fou sur les routes sinueuses des hauts-plateaux. C’est  une route bitumée, pas trop abîmée, qui relie Tana à Fiana. La majorité du trajet s’est faite sous le soleil, ce qui m’a permis de découvrir les paysages extrêmement verts, où les rizières et les collines fertiles s’entremêlent dans une sérénité très paisible.

La pause déjeuner (dîner chez nous, mais cela reste une ancienne colonie française :p ) se fait à mi-chemin, dans un village habitué à accueillir les taxis-brousse. Nous étions 3 vasahas dans le bus. On n’a pas vraiment eu l’occasion de discuter longtemps avec le Français qui se trouvait derrière nous, c’était sa 6e fois dans le pays, et il était tombé raide amoureux de la région. J’ai vite compris pourquoi.

Paysage des hauts-plateaux

Au menu du petit restaurant, un hotelly, un ensemble de mots totalement incompréhensibles… blague à part, le serveur parlait un peu français, et nous a expliqué les différents plats à base de porc, de zébu ou de poulet. Le tout servi avec l’indémodable riz, et le bol d’eau chaude qui l’accompagne. Je dis “eau chaude”, mais imaginez-vous un bol avec une eau transparente, chaude avec un légume qui ressemble à de l’épinard, trempé dedans. Nous étions un peu perplexe… fallait il le boire à part? ou même, y rincer ses doigts après le repas? Oui oui, vous pouvez sourire, mais c’était tout sauf évident à deviner! Il s’agit en fait d’une sauce qu’on rajoute sur le riz, pour éviter de le manger trop sec. Nous apprenions par la suite que le Malgache a des habitudes alimentaires basées matin, midi et soir sur le riz. Un rythme surprenant pour mon estomac…

Enfants du village

Notre arrivée à Fiana se fait sous la pluie, il commence à faire sombre aussi.

Mes sens sont à nouveau au niveau maximum lorsqu’on arrive dans la gare des taxis-brousse de Fiana… un 3e stress, dans le noir et la pluie cette fois? Et bien, non. Il y avait bien des gens qui tentaient de nous alpaguer, mais comparé à la veille à l’aéroport, et au matin à Tana, nous n’avons senti aucune animosité de leur part. Un petit soulagement quand même.

Clémentine, notre contact sur place, nous attendait déjà. Une femme merveilleuse et pleine de courage. Elle tient un commerce de pièces détachées en téléphonie, et nous en parlait dans sa voiture, légèrement récalcitrante au démarrage, mais d’un confort inégalable jusqu’à présent. Fière de ses 6 enfants, elle nous parle de la difficile réalité sociale et économique du pays.

D’une gentillesse extrême, et après nous avoir déposé à l’hôtel, elle ne souhaite pas nous ‘embêter’ plus longtemps… elle conclut la soirée en nous offrant même une bouteille de vin rouge de la région! Le sourire malgache, franc et sincère, allait nous poursuivre tout le séjour…

Le Tsara Guest House s’offrait à nous, tel un oasis perdu dans les hauteurs de la ville. Être au sec, à l’abri et au calme n’ont jamais été autant apprécié que ce soir-là. Nous pouvions commencer à nous habituer au pays…

tsara guest house

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L’expérience taxi-brousse

(Toi qui lis ces lignes pour la première fois, sache que je rends compte de mon récit de voyage à Madagascar, et tu peux retrouver l’ensemble des articles ici – en commençant par l’intro, c’est mieux… )

Chapitre II

Le voyage du jour sera long. Nous relions Tana à Fianarantsoa, Fiana pour les intimes. C’est la capitale de la province du même nom, dans le Sud-Est du pays. L’une des régions les plus pauvres de Madagascar aussi, malgré les richesses que nous avons pu admirer pendant le trajet. Les cultures de tabac, café, raisins et bien entendu, de riz, sont omniprésentes, entre les immenses collines et les vallées qui façonnent ce paysage unique des hauts-plateaux malgaches. Le Bétsiléo se situe à une altitude de 1.200 mètres environ, et profite de la saison des pluies (3 mois) pour révéler une terre riche et cultivable à souhait tout le restant de l’année. Jusqu’à trois récoltes de pomme de terre par an! Deux fois plus pour le  riz…

Notre taxi démarre à 5h45. Comme moi, l’aube a du mal à se lever… Direction, la gare des taxi-brousses. C’est indispensable de comprendre et distinguer les différents transports publics qui coexistent à Madagascar;

  • Les taxis jaune clair, principalement des 2CV, Renault 4, Renault 12  et Peugeot 205 et 505, assurent les petits trajets dans la ville. Ils n’ont pas de compteurs, et la négociation du prix est obligatoire. Ces voitures d’un autre âge sont bricolées, et si on évite de trop faire attention au confort intérieur, on sourit lorsque le taxi va à la pompe: le bidon d’essence est tout simplement situé entre le changement de vitesse et le frein à main. Les chauffeurs ne fument donc jamais dans l’habitacle, c’est beaucoup trop dangereux!
  • Les taxis collectifs; si on ne les connaît pas, on ne les voit pas! Ce sont des voitures individuelles, qui fleurent bon l’entraide entre les gens. Moins chers qu’un taxi classique, ils sont aussi plus rapides que les taxis-ville…
    Taxi collectif
  • Les taxis-ville sont de grosses camionnettes Mercedes, blanches avec un long trait rouge sur le côté. Moins chers que les taxis classiques, on ne les trouve que dans les grandes villes (Tana, Fiana,…). Il faut accéder dans le bus par l’arrière. A l’arrêt ou pas! Ces bus s’arrêtent au milieu de la rue, se remplissent et se vident en une demi-seconde… Il faut déjà être un habitué du coin pour tenter l’aventure. (Ce sera pour un prochain voyage!).
  • Les taxis-brousse sont les véritables moteurs de l’économie malgache. Ils garantissent les échanges commerciaux entre les villes et villages, et permettent à tous de se déplacer rapidement vers n’importe quelle région du pays. Le confort dépend beaucoup du type de camionnettes mis à disposition (et donc de la compagnie choisie). Bizarrement, leur prix sont régulés par l’administration! Ils sont affichés, et aucune arnaque n’est autorisée… Si jamais, la place n’est pas réservée à l’avance, pour le même prix, le voyage peut se transformer en un véritable calvaire… A côté ou juste derrière le chauffeur, c’est là qu’il faut s’asseoir pour éviter les maux de dos et de jambes!
    Taxi-brousse
    Côté technique, le compteur kilométrique est toujours à zéro. Aucune idée de la vitesse, aucune idée de la distance… Un dépaysement supplémentaire! La chance nous a souri pendant tout le séjour. Aucune panne, aucun accident. On peine à le croire, tant les chargements sur le toit sont approximatifs et dangereux. Imaginez les valises de plus de 15 personnes, placées à côté des dindons, poulets (vivants bien entendu), pneus de secours,  et tapis de sol. Tout est bon à transporter!

Cette précision étant faite, nous arrivons vers 6h15 dans le grand centre de taxis-brousse de Tana. Il y en a 3 dans la ville. Nous découvrons ce qu’un européen de base nommerait “un foutoir sans nom”. A la sortie de la route principale, une barrière se lève et nous laisse entrer dans un terrain vague, tapi de terre rouge. Il fait sec et frais. Le soleil tarde à nous faire coucou, mais cela n’empêche pas une activité déjà très pressante sur place. Des centaines de cabanes de fortunes sont alignées, et proposent les mêmes services; des voyages en taxis-brousse au départ de Tana vers presque toutes les destinations du pays. Des centaines de personnes se bousculent autour de nous. Des dizaines de mini-bus en état de décomposition, qui sont pourtant prêts pour le grand départ… surprenant.

Ce sentiment de se faire accoster par tout ce qui bouge…

Ça y est, ça recommence (NDLR: histoire de l’aéroport). Les vasahas sont là. Tout le monde nous regarde. Tout le monde veut nous proposer une place dans telle ou telle camionnette. Mais STOP quoi! Nous sommes toujours dans le taxi, à la recherche de la société de transport KOFIAM…

Une réservation à notre nom nous y attendait. Le taxi s’arrête devant le bureau. Je tourne la tête, et je vois déjà le coffre ouvert, et mes valises sur le dos de deux colosses!… euh, je vous ai rien demandé, que faites-vous?  un bis repetitas de la veille en somme… Un seul mot d’ordre: suivre les sacs, ne pas les perdre de vue. J’ai juste pu dire à Sad de me suivre aussi (et tant pis pour le taxi qu’il fallait payer, on le fera après!).

Dans ce cohue-bohu, les deux porteurs marchaient très vite. Éviter de me faire voler mes affaires dès le premier jour, ce serait vraiment sympa…

Mon sac atterrit dans un véhicule à l’arrêt (moteur éteint, je précise). L’un d’eux préparait déjà un petit papier… Il y notait KOFIAM, et mon prénom (qu’il avait entendu 2 minutes avant). Il rajoute la somme astronomique de 135.000 Aryary (35 euros environ). Soit, 10 fois plus que le prix affiché! Pas de doutes, c’était des charlatans… après avoir passé un coup de fil à Mary, qui m’avait réservé le taxi, je crie au scandale et on me rend mon sac sans condition. C’est une des rares fois où j’ai du pousser une gueulante…

Mr Théo, le gérant de KOFIAM nous a montré le bon bus. Nos valises fixées sur le toit, nous nous sommes blottis à l’intérieur du bus, encore fatigués de cette dernière mésaventure. Il est 7h00 du matin. Nous avons le temps … d’attendre. Le départ prévu à 8h ne sera effectif qu’à … 9h15. C’est ça aussi, l’Afrique!

L’ambiance autour des bus est surréaliste; pendant notre attente, on a vu défilé tour à tour; des vendeurs de parasols, de matelas, de lunettes, de chapeaux, de beignets, etc. Ne quittez pas le bus, ce sont eux qui viennent à vous! Pratique, et tellement plus convivial.

Le bus commence doucement à se remplir. Les gens nous disent bonjour. Ces compagnons de voyage-là semblaient déjà plus sympathiques que les personnes nous dévisageant depuis deux heures, dehors…

Il fallait que nous quittions Tana la chaotique, rapidement. Ce n’est pas ça, Mada. J’ai pu heureusement le découvrir par la suite. En route pour le Sud, en route pour Fiana!

 

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Dites Tana

Chapitre I

Il est 12h30 heure locale, 27 degrés dehors. Le Boeing 737 vient de se poser sur la piste de l’aéroport international Ivato d’Antananarivo.  Le vol depuis Saint-Denis de la Réunion n’aura donc duré qu’1h30. Une broutille comparée aux 12 heures passées entre Paris et La Réunion. Mais suffisant pour contempler l’immensité de l’océan, et la beauté de la côte Est malgache.

Côte Est de Madagascar

Le visa était déjà prêt depuis Bruxelles, idéal pour éviter la longue file aux douanes. Rien à déclarer. Soudain, une voix; “Veuillez ouvrir votre sac, Monsieur!” s’exclame un vigile. La bienvenue au pays ne se lisait pas sur son visage.

J’ai une fâcheuse manie de ne jamais savoir où je mets mes clés. En cafouillant quelque peu devant l’agent, j’obtempère et ouvre mon sac. Fièrement, je précise: “ce ne sont que des vêtements”. C’est bon, la première difficulté du jour était derrière nous.

3 mètres plus loin, je m’apprête à découvrir le hall de cet aéroport. Je pousse un caddy relativement chargé, avec deux sacs de voyage et quelques affaires à côté. La sensation qu’on peut avoir de l’entrée d’un aéroport est souvent primordiale pour la suite du séjour. Il offre une idée légèrement surfaite (lire ici: “plus commercial, plus vendeur”) du pays visité, mais vous fait vite plonger dans la réalité du terrain, dès qu’on approche des taxis.

C’est en tout cas ce  à quoi je m’attendais en franchissant le portillon.

Oubliez tout ceci.

Je n’ai littéralement rien vu de l’aérogare. En quelques secondes, cinq  individus me sont tombés dessus. Qui sont-ils? Que veulent-ils? (léger stress…)

Deux d’entre eux, particulièrement pressants, s’imposent et se mettent à pousser le caddy vers la sortie. Je tente de refuser, je me place devant le chariot. Difficile de les arrêter. Dans ma tête, tout se bousculait aussi. 10.000 souvenirs me reviennent, en particulier, ma descente d’avion à l’aéroport de Santiago du Chili, où deux faux taximen tentaient de m’emmener de force dans leur véhicule… J’avais pu éviter le pire cette fois-là. L’insistance des malgaches autour de moi avait à nouveau mis tous mes sens en alerte.

Vu la horde qui se bousculait pour nous “aider”, il fallait rapidement trouver notre chauffeur. J’entendais mon nom, au loin. Monsieur Djoltane. – Oui, c’est moi! (à peu de choses près)… Me voilà rassuré.

Le taxi était garé juste devant. Une Volkswagen Vento. Une antiquité chez nous, un modèle de luxe au Madagascar! Qu’on se le dise…

La découverte d’Antananarivo pouvait commencer.

Pour des raisons pratiques de lecture (et d’habitudes régionales aussi), je mentionnerai Tana pour parler d’Antananarivo. Bien plus simple, non?

La route entre l’aéroport et le centre-ville nous fait tour à tour passer près des ambassades turque et américaine, deux immenses bâtiments  ultra-protégés par des dizaines de caméras et des militaires bien visibles. En face, et tout le long de la route, se bousculent des centaines de bicoques, gargotes, et petites cabanes en semi-dur abritant tout type de commerce.

Des milliers de personnes grouillent sur la route principale. Elles sont généralement à pied, mais on croise ici et là, entre les taxis jaunes clairs et les 4×4, des chariots tirés par un ou deux zébus. Parfois, c’est un homme qui remplace le zébu. Curieux panorama humain. J’ai un sentiment partagé entre haine et révolte. Certains vivent comme des rois ici. Au dépend d’autres qui tentent seulement de survivre. Le contraste est frappant.

Quelques kilomètres de rizières plus loin, on entre dans le cœur de la ville. Les images sont désolantes. En 10 minutes de trajet, j’ai pu faire un premier constat: je me trouve dans la capitale la plus pauvre que je n’ai jamais eu l’occasion de voir. La saleté et les odeurs arpentent les rues.  L’insécurité est logiquement présente aussi. Surtout pour nous, les vasaha, les blancs. Pas question de sortir l’appareil photo pour immortaliser cet environnement. Des mains baladeuses peuvent se perdre jusque dans le taxi. Nous voilà prévenus!

J’ai néanmoins pu immortaliser cette séquence vidéo dans un taxi, quelques jours plus tard.

Autant le dire tout de suite, nous n’avons pas du tout visité Tana. L’arrachage de sac et d’objets de valeurs étant légion, nous avions reçu la consigne de toujours prendre un taxi pour tout déplacement dans la ville. Malgré certaines constructions originales, comme le palais de la Reine, le palais du Roi, et le stade municipal, il est de bon ton de ne pas exhiber ses richesses… On abandonne l’idée de nous balader dans les hauteurs.  Dommage, mais notre sécurité primait sur tout le reste.

Lustre du Café de la Gare à TanaLe Café de la Gare (cafedelagare.mg) est le seul endroit où nous sortions, pour bien manger et profiter du WiFi gratuit. On y retrouve beaucoup d’autres expats vivant à Tana. Un café style colonial, situé près des quais (tout à fait, oui!), et joliment décoré. Le wagon garé à l’extérieur fait office de toilettes design!

La cuisine fine est très variée. J’ai donc mangé du zébu, pour la première fois de ma vie :-) – le tout accompagné d’une THB, la bière locale par excellence.

J’ai une remarque à faire au sujet des bouteilles de 65cl de THB (Three Horses Beer); 65cl, ce n’est pas assez pour deux et c’est trop pour une seule personne!

Je me suis fait avoir à chaque fois!!!!  Nous quittions la table en y laissant au minimum, deux bouteilles vides… :p

Comme nous l’avions prévu, Tana restera une étape, et nous permettra de partir vers le Sud de l’île dans la première partie de notre voyage, puis de rejoindre notre chauffeur, au milieu de notre séjour, pour attaquer le nord.

Un programme que je vous raconterai en détail dans les prochains chapitres! Stay tuned…

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A la découverte de Mada

Samedi dernier, je rentrais d’un long voyage. 26 jours passés dans un pays qui m’était totalement inconnu alors. Madagascar. J’avais décidé de noter les anecdotes et les faits de vie dans mon carnet de voyage. Je ne m’en sépare jamais. Le plus dur étant surtout de trouver le temps pour coucher sur papier tous ces petits moments.

Un si long voyage, cela ne se prépare pas à la légère. D’ailleurs, le choix pour Mada n’est pas venu tout seul non plus. Au départ, Sad et moi voulions réaliser notre voyage de noce en Mongolie. Frappés par les différents paysages vus en télé, dans les bouquins, etc, notre curiosité était très forte. Partir vers l’Asie était un beau challenge, mais nous ne connaissions personne sur place, et il faut le dire, réaliser son parcours “tout seul” dans une région aussi grande, et peu peuplée, n’est pas évident.

en route pour Madagascar

Puis, il y a eu Mary…

Rencontrée lors d’une des premières sessions du Café Numérique, Mary me parlait déjà de Madagascar, ce pays aux 1.000 facettes. 3 ans plus tard, elle venait nous expliquer à la maison toutes les expéditions qui étaient possible sur la grande île malgache.

Trop tentant que pour ne pas y aller!

Après une petite péripétie avec nos billets d’avion (n’achetez pas vos billets sur vol24.fr, c’est du vol, pas des vacances!), la date du 15 avril 2012 se profilait à l’horizon. Déjà en ordre de vaccins, je n’avais plus qu’à préparer les appareils photos et quelques vêtements. Mary, quant à elle, se démenait comme jamais pour nous concocter un parcours qui va s’avérer fantastique. Dans un budget relativement serré, nous souhaitions découvrir le pays, bien entendu, mais pas comme de simples touristes. L’aventure devait nécessairement être au rendez-vous!

Un challenge, oui!

De l’aventure, de la culture, et de la détente. Un cocktail paysagé qui va tenir toutes ses promesses pendant près d’un mois. Je vous invite à découvrir ma série d’articles, que je publierai ici. Mes notes de voyage vont me faciliter la tâche, mais les milliers de photos, et les heures de vidéos et de prises sonores faites sur place vont pouvoir rendre un aspect encore plus original au récit.

J’espère vous émerveiller, autant que je l’ai été pendant ce séjour.

Image
Flickr Zoltán
9gag: http://myjuellove.tumblr.com

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