Aphone, j’en reste sans voix…

Aphone: qui est atteint d’aphonie. Selon tout dictionnaire qui se respecte.

Une définition qui n’aide pas, mais c’est déjà un bon début. L’alpha privatif qui empêche au son de s’échapper. Pure logique.

De fait, je suis incapable de réciter l’alphabet pour le moment.

Oui, ce silence.

Cela donne des vacances à mes proches, je suppose 🙂 (Quoi, je parle beaucoup moi?), mais c’est un véritable supplice, croyez moi. Ce n’est pas tout de ne pas pouvoir émettre un son. Mais souffrir à chaque fois que j’avale, c’est juste insupportable. Ça fait très mal. J’ai les boules!

Cela m’arrive parfois d’être sans voix. De le rester aussi. Que ce soit lors d’un dernier adieu à un ami proche, ou face à un public complètement chaud, scandant mon nom dans la salle. Des dizaines de personnes qui donnent de la voix, cela vous en bouche un coin, je vous assure! (<3 à tous!!).

Parfois, j’aimerais ne pas donner de la voix, ni crier. Perdre sa voix sans raison, ça n’existe pas. Je préférerais me retrouver aphone suite au refroidissement de ma gorge, plutôt qu’à des frictions qui mettent le feu, bêtement.

C’est la vie.

« Faites du bruit!!! » J’aime beaucoup cette expression. Imaginons les casseroles, les trompettes, les klaxons… en fanfare, dans les rues, dans les salles de fêtes. Et bien entendu, tous ces gens qui chantent, qui crient, qui hurlent. Certains s’exercent à gueuler le plus longtemps possible. D’autres s’égosillent à tue-tête pour mettre encore plus de décibels que leur voisin direct. Wouaw! Ça déferle, ça enivre, et une cohésion se crée. Personne ne se plaint, tout le monde se plaint.

Le cri est poussif, l’objectif est incertain, et quand cela s’arrête, le silence vaut tout l’or du monde. Ce silence synonyme de retour au calme et d’apaisement. Cette absence de bruit qui permet de réfléchir à nouveau, de reposer les bases, mieux repartir peut-être.

Bizarre comme tout peut arriver la même semaine. Lors de ma répétition hebdomadaire avec Cachaï, nous parlions de l’œuvre originale de John Cage – 4’33 ». Beaucoup de bruit pour rien? Un chef d’œuvre acoustique? Tout est question de point de vue. Comme quoi, pour parler de certains silences, on est obligé d’utiliser la vue.

Demain, ce sera aussi le silence sur le projet Ultragonzo.com. Mes trois contributions font partie de cette centaine d’articles écrits par des inconditionnels du clavier, dans un langage journalisé quittant parfois, souvent, les sentiers battus du reportage classique. Cette petite expérience m’a plu. Aussi éphémère soit-elle, je tâcherai de republier mes articles plus tard, lorsqu’on aura définitivement mis sous silence ce mois gonzo. A refaire, sans hésitation. (Merci à Miguel, à Benoît, aux mecs poilus, aux filles pas poilues et à toute la horde du Moustachistan) qui ont fait vivre ce projet fou.

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