Haren en fête, oui. Mais Bruxelles en questionnement.

 

L’opportunité était trop belle pour ne pas la souligner. Bruxelles a mis en avant ce weekend de nombreux quartiers, pour faire valoir leur richesse locale. Une aubaine pour présenter les particularités du village de Haren.

Mais que se passe-t-il à Haren pour le moment?

Après avoir passé un excellent weekend découverte sous le soleil (lire mon article ici), les habitants du village sont confrontés à un problème de taille: le conseil communal serait entrain d’avaliser un projet colossal: l’implantation de la toute nouvelle prison de Bruxelles.

Les informations n’arrivent qu’au compte-goutte malheureusement, on dirait même que ce flou artistique convient à la majorité en place.

Petit rappel des faits

Suite aux problèmes criants de surpopulations carcérales à St-Gilles, Forest et Berkendael (pour femmes), la Ville de Bruxelles a (trop?) rapidement proposé la construction d’un tout nouveau complexe sur son territoire, à Haren (qui fait historiquement partie de la Ville de Bruxelles depuis environ 90 ans).

Zone naturelle du Keelbeek
Zone naturelle du Keelbeek

Face à certaines interpellations de l’opposition (MR et Ecolo), le Bourgmestre Thielemans a du mal à clarifier sa position. Pourquoi le choix s’est-il porté uniquement sur Haren? Il y a d’autres terrains disponibles en Région Bruxelloise, pourquoi ne pas les avoir proposés?

La peur et les craintes s’installent évidemment. Une sorte d’échec avant l’heure. Se sentir amoindri avant même que les plans ne soient définitivement validés, tout cela à cause d’un manque certain de communication de la part de nos élus locaux.

Qui dit crainte, dit questionnement. L’absence de réponses empêche de rassurer la population. Les rumeurs vont donc bon train. Et comme si ce projet semblait inéluctable, on se rattache à tout ce qu’on peut, pour ne pas sombrer dans une certaine désillusion.

C’est ainsi que, sur base de « rumeurs rassurantes », nous apprenions il y a deux mois que la prison s’installerait en lieu et place des anciennes usines Wanson, le long du boulevard de la Woluwe, qui limite Haren (Région bruxelloise) et Diegem (Région flamande).

(On n’est pas content d’avoir la prison, mais au moins, elle restera à l’écart des habitations).

Changement de décors depuis une bonne dizaine de jours; la Régie des Bâtiments nous confirme l’implantation de la future zone pénitentiaire sur l’ensemble du Keelbeek, soit un maximum de 18 ha de nature et de biodiversité jusqu’à présent préservée en Région bruxelloise, et qui disparaitrait d’ici 3 ans, le temps de la construction des bâtiments.

Un comble, non? La disparition de ce poumon vert ne semble pourtant pas choquer la majorité PS-CDH.

On ne le dira jamais assez, mais Haren est un village qui a des ressources naturelles de qualité. Si le collège échevinal souhaite développer une politique environnementale durable et cohérente dans la ville (en ce compris Haren, Neder-Over-Hembeek et Laeken), la question de l’emplacement de la future prison doit être rediscutée.

De 1.200 à 2.000 prisonniers

Dans le meilleur des cas, 1.200 condamnés viendront purger leur peine dans la nouvelle prison. 1.200, pour une population ne dépassant pas les 4.500 âmes. Vous imaginez la proportion?

Ce chiffre m’effraye, personnellement. On pourrait traduire cette prison comme un nouveau quartier fermé, dans le village. Je parlais de l’implantation de l’OTAN il y a quelques années ici, la prison de Bruxelles va probablement engendrer les mêmes débats de mobilité, d’adéquation avec les besoin des habitants, et de qualité de vie.

Nous avons droit de nous inquiéter de l’avenir du bien-être du village et de ses habitants (mais si possible, pas dans le vide…).

Des questions, des accusations… mais surtout, une demande d’actions politiques réelles

Que dire à propos de cette sourde absence de réponses, et ce cynisme dégradant l’espace de vie d’un village tel que Haren? Une totale incohérence dans les projets à moyen et long termes à Bruxelles empêche tout type de politique de développement.

ferme du Castrum
ferme du Castrum

J’accuse? oui, j’accuse un manque d’information, un manque de solidarité envers les habitants, un manque de cohérence de la part du politique.
Bruxelles a besoin de se défendre. Accueillir une prison ne se fait pas sans mal. Une étude approfondie des risques et des besoins de mobilité, accompagnée d’une écoute réelle des craintes de la population, doit permettre d’offrir un projet plus adapté.

Si le choix de Bruxelles se porte sur Haren, en raison des capacités de terrains à bâtir, il sera indispensable de communiquer et prendre en compte les demandes légitimes de la population locale. Est-ce déjà trop tard?

Chers politiciens de la majorité bruxelloise, ne faites pas de Haren un espace de non-vie. Ce village a tout à gagner de jouir d’une politique globale bruxelloise.

A vous de jouer. Pour garantir le bien-être de Haren et ses habitants.

Je note au passage que seul Hamza Fassi Fihri (CDH) est venu représenter la majorité échevinale [rectificatif, l’échevin CDH de l’urbanisme était aussi présent, Christian Ceux]. Aucun élu socialiste à l’horizon (même pas Karine Lalieux que j’étais prêt à saluer pourtant). Du côté de l’opposition, j’ai pu longuement discuter avec Marie Nagy (Ecolo), Geoffroy Coomans et Alain Courtois (MR) par ailleurs. Des membres du FDF étaient également bel et bien… en campagne aussi (dans tous les sens du terme :-).

Et si Haren devenait un véritable enjeu politique pour les communales d’octobre 2012?

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