Lettre ouverte aux cheminots grévistes, aux syndiqués et aux syndicats

En réaction à cet article, j’ai publié mon coup de gueule sur mon wall facebook cet après midi. Je le replace ici, au cas où certains n’auraient pas accès au réseau social américain.

« Chers cheminots,

moi aussi, j’aimerais prendre 1 semaine de congé, histoire de pouvoir pleinement profiter des fêtes, éventuellement partir à l’étranger, acheter plein de cadeaux et faire mes courses en évitant la cohue du samedi.
Mais voilà, pour cela, je dois prendre congé.
C’est peut être con à dire, je sais. Mais je ne compte pas faire grève pendant cette période de l’année.
Votre action ressemble étrangement à de l’égoïsme démesuré. Prendre des dizaines de milliers de travailleurs en otage en les laissant sur les quais, en ne proposant aucune alternative constructive. Non. Rien. Juste faire grève.
Vous voulez emmerder qui?
– Les politiques? Ils en rigolent déjà, et demain, ils en rigoleront encore plus.
– Nous, les autres travailleurs qui ne faisons pas grève? oui, on en rigole moins, voire même pas du tout.

Chers syndiqués, vous vous trompez de cible en utilisant des méthodes de blocages dignes d’un vieux roman de Zola.
La société a évolué. Il serait intéressant que vous la fassiez également évoluer par des actions intelligentes. Plutôt que de menacer de bloquer tout le pays jusqu’au 01/01/2012. (Ca ne fera qu’augmenter le télétravail, au final. Vous comptez installer des piquets de grève devant chaque maison aussi?)

Chers syndicats, pour rappel, vous aviez 540 jours pour étudier la question de l’alternative qui conviendrait pour tous dans ces temps de crise.
J’ose dire, oui, que ces 540 jours de réflexion ont surtout porté sur la manière d’organiser les manifs de fin d’année.
Vous êtes quand même les seuls au monde à avoir fait grève contre un gouvernement qui n’était pas encore créé…
Est ce donc la votre seule réponse face un #newgov qui propose une concertation avec tous les acteurs socio-économiques du pays? -je ne sais pas où cela va nous mener, mais vos actions n’arrangeront rien du tout. Rien.

Bref, je ne prends pas le train, mais croyez bien que vous m’emmerdez au plus haut point avec votre mouvement totalement décalé de la réalité.
A la fin du mois, je vais verser mon précompte et toute ma solidarité ira aux personnes handicapées qui peuvent compter sur l’ONSS.
Cette solidarité là, on en a tous besoin. Mais si le pays est complètement bloqué, on va pouvoir dire au revoir à cette solidarité. C’est contraire à votre objectif initial non?

Chers syndicats, soyez constructifs, osez des actions positives, trouvez des solutions adéquates et proposez des solutions innovantes. Vous verrez, on pourra mieux s’entendre dans ces conditions. J’en suis certain.

Bien à vous. »

photo: cimetière des trains en Bolivie.

7 comments

  1. Je vais être plus nuancé. La question des pensions mérite mieux qu’un examen au Parlement à un moment où les gens sont dans les centres commerciaux en train de faire la fille à la caisse 4 de la Fnac Toison d’or.

    Je me fous pas mal de poser mes fesses sur une chaise de bureau deux ans de plus avant d’être légalement retraité mais d’autres, dans d’autres métiers sont peut-être moins enthousiastes.

    A la place des syndicats, j’aurais choisi une action qui génère de la connivence avec le public. Opération « train gratuit », contrôleur avec un nez de clown, annonce au micro avec la voix de Donald, je ne sais pas moi…

    Plus que 900 jours environ avant de voir l’effet que Papillon 1er aura sur le score de la N-VA. Je sens que ça va être intéressant…

  2. @baudouin tu confirmes bien ma pensée, il faut trouver des idées novatrices, et qui servent réellement. J’ai vraiment du mal avec ce côté « on va tout bloquer ». Ca sert plus à rien, et à la limite, ça permet d’en parler 25 minutes au journal ce soir, contre 3 minutes sur la réforme des pensions… genre, tout y est pour garantir le confort de nos élus en ces temps de crise… (advienne que pourra…)

  3. Je suis assez d’accord avec le fait de chercher des nouvelles solutions complémentaires ou pouvant remplacer le schéma classique des grèves. Tout évolue. Pourquoi pas la manière d’exprimer son désaccord par rapport à une réforme?

    Ceci étant dit, je suis assez étonné de constater le nombre de statuts, commentaires, lettres ouvertes…concernant la grève d’aujourd’hui. Les gens réagissent en masse à ce jour de grève mais passe complètement à côté d’une news comme les impôts payés par Mittal en Belgique par exemple (450 euros pour plus d’1 milliard de bénéfices en 2009 grâce aux intérêts notionnels).
    La mise en parallèle de ces 2 événements peut ne pas sembler évidente mais on peut en tirer au moins une conclusion intéressante:
    les gens réagissent à des événements très concrets les touchant directement dans leur quotidien. Ils sont incapables dans la majorité des cas de percevoir l’importance d’un événement les touchant indirectement.
    En quoi la non imposition des bénéfices d’une société comme Mittal nous touche-t-elle?
    C’est de l’argent (plus de 300 millions d’euros/an) qui ne rentre pas dans les caisses de l’état. Si les bénéfices de cette société avait été imposé à un taux normal, pas besoin de réforme sur les voitures de société par exemple (celle-là, elle fait vraiment mal à l’indépendant que je suis). Il y a aussi les centaines de chômeurs à financer suite à la décision de la société de ne pas maintenir son activité en Belgique. Quel pognon perdu et quelle catastrophe sociale.

    Sinon, j’ai aussi relevé que le discours se focalise sur des arguments type ‘moi je travaille et pas vous ». Les travailleurs se tirent dans les pattes entre eux. C’est une grande victoire des patrons. Manifestement, les travailleurs du secteur privé ne se sentent pas représentés par les syndicats et ne comptent pas faire entendre leurs voix sur les réformes mises sur la table.
    Perso, si j’avais été employé, je n’aurais pas jugé totalement stupide de manifester mon mécontentement à l’égard de la réforme des retraites.
    Globalement, le discours se droitise terriblement et plus étonnamment encore, chez les jeunes.

    La bonne nouvelle pour moi dans tout ça? Avec tous les statuts Facebook que j’ai choppé aujourd’hui, je pourrais employer un jeune et le faire bosser 7 jour sur 7 12 heures par jour. Si il se plaint, je lui ressortirais ses diatribes sur la valeur du travail, sur la fainéantise ou sur le fait que lui, il travaille quand les autres ne travaillent pas.

  4. Ce qui me gène le plus, ce n’est pas tant les grèves, mais la façon dont elles sont misent en place.

    J’ai lu de nombreux quotidiens qui expliquaient que les syndicats ne savaient pas comment justifier la grève de mardi, voire celle de mercredi, parce qu’aujourd’hui, c’est de plus en plus souvent les travailleurs qui imposent la grève et les syndicats qui cherchent les justificatifs. Oui, les grèves sont sauvages, inappropriées et parfois injustifiées.

    Le plus triste, c’est qu’aujourd’hui, quand la SNCB fait grève, les médias ne parlent plus des grévistes et de leur motivations, mais des navetteurs et de leur colère contre la SNCB. Mener une grève à chaque pet de mouche a fini par banaliser l’acte, un peu comme un coup de feu au milieu d’un champ de bataille de la 2eme guerre mondiale.

    Et le plus con dans tout ça, c’est que les travailleurs, et les entreprises qui perdent de l’argent à cause de ces grèves sont dans le même camps, alors pourquoi s’attaquer aux navetteurs? Par lâcheté?

    Evidement qu’il y a d’autres chose à faire, plus symbolique, ils auraient pu construire un mur devant la porte de garage de van quickenborne, par exemple.

  5. Bonjour Vincent,

    j’essaye de ne pas faire de blogpost sur tout ce qui se passe, tout le temps.
    Ici, j’ai pris 6 minutes pour donner mon avis à tout ceux qui souhaitent me lire. Je ne cherche pas à recevoir l’approbation de chacun, mais j’apprécie lorsqu’un débat se met en place, autour d’un thème qui, à la base, ne me heurtait que de très loin (notre retraite).

    A l’époque, j’avais beaucoup pesté sur Twitter au moment de l’annonce du départ de Mittal. Je n’ai pas jugé utile d’en écrire un blogpost pour autant.

    Perso, je suis étonné qu’il n’y ait pas plus de commentaires et de réactions face à la grève d’hier.

    De là à dire que les gens sont incapable de percevoir l’importance d’un événement les touchant indirectement, il y a une marge…

    Donc, oui, pour Mittal, il y a sujet à débattre, mais ici, j’ai nécessairement voulu mettre en avant l’immobilisme grandissant des syndicats. C’est désolant de les voir comme « spectateurs » de notre propre perte à tous. La solidarité se détruit dès l’instant où un gréviste bloque un autre travailleur.
    Je veux bien soutenir des actions plus intelligentes – et mettre le gouvernement devant ses responsabilités quand il s’agit de Mittal ou du refinancement des banques – mais pas dans une logique de blocage, surtout que plus personne aujourd’hui ne peut se permettre de perdre de l’argent, les taxes vont faire mal d’ici quelques mois, tu le soulignes très bien.

    « moi je travaille et pas vous ». Un peu réducteur comme résumé. Je vais le répéter autrement; alors que certains vont manifester dans les rues, bloquer les entrées d’autoroutes et placer des piquets partout, et revendiquent une solidarité pour tous, d’autres tentent d’aller bosser oui.
    Non, je ne me sens pas représenté par le mouvement d’hier. Car je ne l’ai pas choisi. Cette action ne rassemblait que le secteur public, dont je ne fais pas partie.
    Ce sont nos pensions à tous, oui. Mais honnêtement, à côté de la réforme du système des retraites dont on parle beaucoup, combien d’autres lois vont encore tomber? -et dont on ne parle pas (encore)?

    Ne serait-ce pas le rôle des syndicats de communiquer correctement tous les aspects des réformes, et forcer un dialogue constructif et serein? Pourquoi attendre 540 jours (j’y reviendrai toujours oui)?
    Une réforme est, par définition, un travail de fond qui risque souvent de ne pas plaire aux gens. Une réforme sert normalement la société, pour un meilleur fonctionnement aussi.

    Donc, même si le gouvernement (wallon) a merdé avec Mittal, cela ne devrait en rien empêcher aux syndicats de venir avec des propositions concrètes sur la table. La FGTB était même au premier plan pour Mittal…
    Je te propose de lire cet extrait du Vif (16/02/2010) http://trends.levif.be/economie/actualite/entreprises/la-relance-du-haut-fourneau-b-d-arcelormittal-a-ougree-est-en-marche/article-1194661939770.htm

    Enfin, je reprécise ce qui n’a pas été clair pour toi; je ne critique pas le fait de montrer son mécontentement. Je m’inquiète de la manière sooo’ 1900 pour y arriver (ou pas).
    Le culte du blocage nous déssert. Il y a vraiment de quoi s’inquiéter (et je rejoins ce que Christophe a commenté ici même).

    Quant à ta bonne nouvelle, je ne la perçois pas très bien, désolé.
    Bien à toi.

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