The Wall @Sportpaleis – la métaphore d’une société

The Wall - Hammer - Nazi - Communist

The Wall - Hammer - Nazi - CommunistHier soir, j’étais au concert de Roger Waters, figure de proue du groupe Pink Floyd. Il nous a fait l’honneur de réinterpréter son spectacle The Wall, sorti initialement le 30 novembre 1979.
Une première pour moi, malgré mon assiduité depuis tout petit à écouter tous les albums du groupe (Dark Side of The Moon, Animals, Division Bell, etc.). Enfant des Classiques sur Radio 21… vous aussi peut-être? (Merci Marc Y. pour toutes ces années, jusqu’à cette bête scission de la radio -EOM)

Bring the boys back home!

La mise en scène est fabuleuse. La construction du mur est progressive. Brique après brique, la scène se meuble. Les jeux de lumières illusionnent toute la salle. Un feu d’artifice pour commencer. Ensuite, des enfants qui viennent prêter leur voix au cultissime « Another Brick in the Wall ». Mignon.

Goodbye Blue Sky, Empty Spaces, tout s’enchaîne et démultiplie ma joie d’être sur place. Des frissons en permanence, des paroles chantées, quasi du début à la fin, des riffs guitares là où il faut.
Un retour à mon enfance, une envie dingue de réécouter tout cela en boucle.
Le film aussi. Bien sûr.
Mais ce concert, c’est surtout ce qui me manquait pour rendre cet album tout simplement parfait. Je pense n’avoir jamais vécu cela.

The WallComment voulez-vous passer à côté d’un album écrit en ’79, avec un premier succès mondial, connaissant un retour à l’avant-scène après la chute du Mur de Berlin, début ’90, et reproduit sous nos yeux en 2011, 32 ans plus tard. Les messages restent valables. Trop valables. C’est malheureux presque.

 

Mother do you think they’ll drop the bomb?

En deux mots, The Wall, c’est l’histoire d’un fils (Pink) et de son papa décédé pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Pas n’importe quel gamin, vu qu’il s’agit de Roger Waters lui-même. Et les thèmes qu’ils dénoncent forcent le respect (et posent encore de nombreuses interrogations), étant donné leur intemporalité: les guerres et leurs victimes innocentes, l’absence du père et le caractère ultra protecteur de la mère, le rôle des médias, la connerie humaine, Big Brother, le capitalisme exacerbé, le nationalisme, les pollutions,…

Toutes ces frustrations sont petit à petit devenues les briques d’un mur qui isolera Pink à jamais de toute réalité humaine.

The Wall - concert

Roger Waters le chante sur scène, comme si le combat n’était pas fini. Peut-être que dans un monde « idéal », cet album n’aurait jamais connu le succès. Ou n’aurait jamais été écrit, tout simplement.
Mais lorsqu’il pleure sa belle dans « Don’t Leave Me Now », on ne peut s’empêcher de partir avec lui dans son questionnement… le mur est complètement blanc. Waters est isolé. Il regarde à gauche de la scène, une seule photo d’elle, statique, distante, et lui qui crie désespérément : «  »Oh Baby, why are you running away? ». Et l’image qui se met à pleurer… Wouaw.

The Wall

Intermission.

The Wall est un double album. Un entracte est donc prévu à la fin de la première partie, celle qui présente un mur de brique totalement hermétique.
La deuxième partie débute par Hey You.
« Hey nous » devrait-on dire. Car le public est seul, face à cet immense mur. Cette tristesse qui nous empêche de voir « de l’autre côté ». Le combat pour atteindre l’Autre est encore long. Et cette guitare douce qui gronde et se met en colère après 5 minutes. On s’y attend. L’impact reste pourtant puissant.

Arborant des signes rouges et blancs dignes des pires communistes et nazis, Waters mêle les images de colère et d’anxiété avec des messages de paix et d’espoir, citant au passage Eisenhower entre autres.

Eisenhower - The Wall

Conclusion; Les questions sont toujours présentes. Dans les textes, chaque phrase est belle, et logique. Malgré l’absence de réponses, The Wall ajoute à cela la magie des couleurs et l’envie de reprendre le dessus. La société n’est pas faite par les autres, et même si notre héros, Pink, a du mal à s’en rendre compte, dans son malheur, il traduit ce message d’espoir que nous devrions tous garder en tête; notre place dans la société a bien plus de valeur qu’on ne le pense.

Quand je pense que j’ai bien failli ne pas pouvoir y aller…

IBelieve - The Wall

ps: encore merci à @Woookash pour le précieux lift, à Greg, Pat et leurs amis pour le ticket et le deal du chemin retour!!
ps2: Techniquement, Roger Waters tient le cap, du haut de ses 67 ans. La voix, les solos guitares, tout y est… R-E-S-P-E-C-T.

UPDATE 30/05/2011
Et voici de superbes vidéos du live à Anvers! (merci iGreg!)

8 comments

  1. J’y étais donc vendredi et à mon avis, c’était tout aussi fabuleux que le samedi 😉

    Je me suis retrouvé à l’unif (les années découvertes de Pink Floyd et de The Wall en particulier, merci Yves) !

    >Mais ce concert, c’est surtout ce qui me manquait pour rendre cet album tout simplement parfait. Je pense n’avoir jamais vécu cela.

    J’ai eu la chance de voir le groupe (sans Waters je pense) lors de la tournée après l’album « Division Bell » sur la plaine de Werchter. Je peux te dire que quand le groupe reproduit l’intégral de l’album « Dark Side of The Moon », c’est pas mal non plus 🙂

    Merci pour ce chouette article plein d’émotions !

  2. Merci Pascal! En effet, c’était ma première pour Pink Floyd/Waters en live. Division Bell à Werchter était prévu, mais j’ai du décliner finalement! J’imagine quand meme leur prestation de fou…
    >Merci pour ce chouette article plein d’émotions !
    Avec plaisir!!

  3. Quelle merveilleuse soirée que ce vendredi 27/05! C’était génial. J’avais déjà vu les tournées de Waters en 2002 et 2007, mais celle-ci est la plus grandiose. En 2007, la tournée de « Dark side… » était aussi magnifique. Pour Pink Floyd, vu notre âge, nous ne les avons vu que lors des tournées « Momentary lapse… » et The Division Bell » sur la plaine de Wechter. C’était pas le pied mais il faut se contenter chez nous que de cet endroit triste et morne.

  4. Nice review of a very nice evening, I am still wondering how I would have received this kind of show in the early 70’s when it was performed for the first time… must have been even more impressing….

    Thanks for the revies ( and apologies for the reply in English but my written French is not reaaly OK )
    regards,

  5. @Frelon vert : on a déjà la chance d’avoir deux dates de suite en Belgique, c’est déjà pas si mal que ca 😉
    @Jeroen Wynants: Thank you! I agree, we can only guess what happened in the 70’s, but as far as I heard from other (older people^^), it was amazing, yes.
    Cheers!

  6. Mais en fait tous les albums de Pink Floyd et donc avec des textes écrits en grande majorité par Waters ont cette portée intemporelle. Je pense que The Wall est sans doute le plus abouti, le plus complet.
    Pour l’histoire, même si l’album sort en 79 ce n’est qu’aujourd’hui, 30 ans après !, que les moyens techniques existent pour le porter complétement sur scène. Finalement, c’est pas mal, non, puisqu’ony assiste ! :-))

    Je trouve que Waters est un peu trop « maltraité » par les médias, au vu de la qualité de son travail de compositeur, de son importance à ce niveau. Tant pis !
    :-))

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