Gmail down et le modèle critiqué du SaaS?

Vous le vivez, vous le sentez, et cela vous met hors de vous? Incapable d’aller vérifier vos mails, de répondre à la dernière offre d’emploi, de participer à la méga super discussion par emails interposés… pff. en somme, rien ne va plus (merci Shoob pour l’image).
Et pourtant, on le sait tous depuis le début, Gmail, la messagerie de Google nous est proposée en version Beta. Rien à faire, on n’y pense pas. On ne le remarque même plus, même si le logo est toujours surplombé de ces 4 lettres jetant le discrédit sur tous vos messages, en tout temps, en tout lieu, sans aucune autre forme d’excuses. Ne cherchez pas de SLA pour les applications gratuites de Google, seules les versions payantes y ont droit. Mais quand même. On parle de millions d’utilisateurs…

Mini-Révolution Gmail.
Pour les fans de Google, lorsque la messagerie a été mise en place en avril 2004, en mode privé (Lisez: uniquement par invitation, sans possibilités d’inscription directe), c’était déjà un sérieux pied-de-nez marketing, car dans un marché alors submergé par des messageries historiques (Yahoo! Mail, Hotmail) et de nombreuses autres entitées (caramail, mail.be, web.de, etc), il fallait oser présenter un outil de cette façon. Cette méthode sera bénéfique pour l’entreprise de Larry Page et Sergey Brin.

Le « Top » Modèle Gmail.
En imposant toutes sortes de techniques originales dans son interface (labels, emails sous forme de conversation,etc.), Gmail a surpris et a séduit. On en oublierait presque que nos mails ne sont plus du tout sur nos machines locales. Oublier, oui! Car même les pubs sont discrètes et légères (même si elles détectent, on ne sait trop comment, le contenu de nos messages). On accepte ce défaut, sans plus. Certains s’exclament d’une violation de la vie privée (appellons cela Big Brother si vous voulez), d’autres ne jurent que par Google, et ce, depuis longtemps.

La tête dans les nuages.
Je ne le cache pas, l’Internet, c’est magnifique à plus d’un titre. Il s’agit d’une mine d’information, et une possibilité quasi sans interruption, de pouvoir s’alimenter, et alimenter les autres – entendez en information. Le problème aujourd’hui, car il y en a eu un gros, encore ce matin, c’est la disponibilité de ces données. Dès qu’un service se plante, c’est toute une communauté qui se retrouve le bec dans l’eau. Or, nous sommes dans une période où le modèle  du cloud computing ne cesse d’être loué, tant son évolution séduit. En soi, c’est une très bonne chose, mais à défaut d’être visionnaire, évitons de devenir aveugle.

Dans Gmail, posons nous les questions de base; où sont stockés -physiquement- mes emails? Aux Etats-Unis? En Angleterre? En France? Chez Elio? Nulle ne le sait, sauf bien sûr celui qui a le temps de mener l’enquête, je ne le ferai pas dans l’heure, déso. (par contre je suis intéressé par la réponse, à bon entendeur…)

Pour comprendre mon titre, définissons le modèle Software as a Service (SaaS). Wikipedia le décrit très bien:

SaaS est un modèle de livraison d’application où l’éditeur développe
une application de type « client léger » et héberge le service pour ses
clients qui l’utiliseront via Internet. Les clients ne payent pas pour
posséder le logiciel en lui-même mais plutôt pour l’utiliser. Ils
l’utilisent soit directement via l’interface disponible, soit via des
API fournies (souvent réalisées grâce aux WebServices (...)

Ce n’est donc pas uniquement le fait d’héberger des données à l’extérieur, mais bien d’utiliser des outils en ligne qui permettent la gestion de celles-ci. S’en suivent des modèles économiques dont je parlerai une prochaine fois (licence par utilisateur, etc).

Dans le cas de nos données sur Gmail, nous n’avons aucune vue sur l’hébergement, j’ai posé la question plus haut. Certes, tout le monde s’en fout et l’outil est très bien fichu, au point que cela ne gène personne (ou presque) d’utiliser ce service gratuit, rapide et disponible partout sur Terre.

Mais qu’en est-il lorsqu’une panne intervient? A nouveau, le SLA, on l’oublie. Que reste-t-il? les outils de backups proposés par Google lui-même, comme la version Offline de Gmail, via Gears. Rappelons au passage que ce ne sont pas les seuls à proposer cela.

Je n’ai pas encore de réponses précises à toutes ces questions, mais dans l’hypothèse que le SaaS a atteint ses limites, existe-t-il une alternative?  Pensez-vous que ce modèle est remis en cause aujourd’hui? Des sociétés telles que Salesforce.com basent leur business plan exclusivement sur cette trame (avec le succès que l’on connaît). Est ce un réel risque?
Si Google ne peut pas nous garantir une disponibilité à 99% de son réseau, est-on en droit de se demander « qui d’autre » pourrait le faire?
Le débat est plus que jamais sur le tapis.

Votre avis m’intéresse, n’hésitez pas à en débattre dans les commentaires, ce sujet nous touche tous, de près ou de loin.

5 comments

  1. Ils vont avoir du mal à imposer le Saas en entreprises avec ces bugs et les fermetures de services survenues au début de l’année.

    PS : Au sujet du «Beta» de Gmail. Google voit surtout cela comme le signe d’un service en évolution constant (et non comme le signe d’un produit non abouti)

  2. Cela me rappelle « C’est arrivé près de chez vous » quand l’ami Ben lançait sa tirade :

    – Attaque une Baleine et tu auras tout le monde sur le dos, le commandant Cousteau ..
    – Attaque un banc de sardines et tout le monde viendra t’aider à le mettre en boite.

    Ici on se retrouve dans la même situation : la panne est brève mais touche bcp de monde alors que des systèmes d’exploitations qui foirent cela arrive tous les jours sur des dizaines de millions de machines;

    Le cout de ces pannes-sardines est absolument pharaonesque: un serveur exchange planté sévèrement et ce sont des centaines d’archives a ré-configurer manuellement poste par poste : ca vous plante une PME sur 5 à 15 jours. Le coût de productivité est réel mais évidemment passera sous silence. Et peu de PME iront le crier sur tous les toits.

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